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samedi 2 juin 2007

Demain c'est la fête !

Bonne Fête Maman, ça raisonne, ça hurle, comme une lame de fond qui va déferler dimanche matin, sur les foyers français… un tsunami de fleurs, de colliers de nouilles et de cœurs en tous genres.
Pour qui? Pour quoi?
Des vitrines à perte de vue qui crient "Maman Je t’Aime", quel beau message subliminal, pas besoin de décodeur pour comprendre : "enfants, j’aime votre carte de crédit et si vous êtes trop jeune, celle de Papa fera l’affaire".
Oui, nous les enfants devenus adultes, nous aimons notre Maman. Oui, nous faisons parfois preuve d’ingratitude face à celle qui a fait tant d’efforts et surtout fait de son mieux…
Pour nous absoudre de nos pêchés d’ingratitude et comme nous ne le faisons pas tout seul, l’Etat a organisé pour nous la grand-messe du pardon. Grand-messe reprise par les prophètes des temps moderne : la grande distribution !
Et puis, n’allez pas penser que la grand distribution a du cœur… dans les rayons, juste derrière les compositions florales, les devoirs de vacances de l’été 2007 sont déjà là… bientôt la rentrée, les cadeaux de Noël… à passer du temps dans ces rayons sans fin, le temps doit sembler courir… moi je préfère le présent et les "nous verrons bien"…
Enfin, pour ceux qui succomberont au cadeau, une petite pensée pour les objets made in France, le commerce équitable… Bref, tous ces cadeaux qui n’ont pas oublié d’avoir une éthique. Parce que ça fait désordre d’offrir pour la Fête des Mères, un cadeau fabriqué à l’autre bout du monde par des enfants ou par des mamans qui travaillent dans des conditions telles qu’elles ne voient jamais leurs enfants.
Alors "Bonne Fête Maman", ta fille qui t’aime (tous les jours).

mercredi 16 mai 2007

De ma fenêtre...


De ma fenêtre, sans même me lever je vois 4 caméras, il y en a en fait plus d’une dizaine. Je vois aussi un petit bout qui joue et à qui on fait croire que le monde est une jungle dangereuse, que derrière les murs de son école transformée en bunker il ne craint rien. Un camion de police, des hommes avec des gilets par-balle en permanence devant cette école. Autrefois la religion était l’Opium du peuple, à présent c’est la peur. Je suis de la génération "peur du SIDA", "peur du chômage", la génération qui vient aura juste peur de sortir de chez elle. Mais comment faire autrement après avoir grandi sous le regard des caméras, sous protection policière permanente? Quand j’étais jeune je séchais les cours pour courir dans mon monde et je rentrais bien sagement le soir… plus tard, je suis partie faire le tour du monde… aujourd'hui je ne regrette rien mais l’aurais-je fait si j’avais grandi dans la peur ?A ce stade certains doivent se demander ou je vis… Après tout Internet permet toutes les fantaisies et une francophone peut écrire son blog depuis le monde entier. J’habite Boulogne-Billancourt à quelques stations de métro de Paris, dans une banlieue "bourgeoise" et ma fenêtre donne sur une école privée pour des enfants de 3 à 18 ans. A méditer…

dimanche 29 avril 2007

Paris, ville lumière !

Pour ou contre les petites lumières de la Tour Eiffel? ce soir, alors que j'arrivais au pied de la grande dame j'ai eu la surprise de la voir se parer de mille feux, j’ai trouvé ce spectacle magnifique oui mais voilà, quelle débauche d’électricité pour un usage somme toute très discutable… Alors, je vais vite éteindre les lumières de mon petit chez moi pour compenser ces quelques instants de plaisir très peu DéDé ;-) Ah culpabilité ! quand tu nous tiens…

dimanche 22 avril 2007

Juste pour rire...


Le site le plus écolo du monde… enfin presque ! Alors juste un petit jeu pour rire en ce dimanche un peu sérieux.
Allez faire un tour sur le site :
http://maps.google.fr/maps et demandez votre chemin de Paris à New York par exemple…

Pensez à vous attarder sur l’instruction n° 20
Au moins comme ça on sait exactement d’où partir… et comment y aller :-)

dimanche 18 mars 2007

Plein d'idées Ciné... pour changer.


C’est presque le printemps mais comme il n’y a plus de saison ma brave dame, il pleut… alors quoi de mieux que de se poser quelques heures dans les salles obscures qui fêtent le printemps du cinéma à 3€50 la place.
J’avais très envie de voir le documentaire "notre pain quotidien" de Nikolaus Geyrhalter. En un mot : Impressionnant. 1h32 sans parole, des images qui racontent la vie et la mort de ce que nous avons dans les assiettes, à voir absolument… mais pas seul, le film idéal pour compléter ce tableau c’est "Volarem rien foutre al païs", un bijou un brin militant contre l’aliénation des travailleurs, le contraste entre les deux films fût d’autant plus saisissant que j’ai vu les deux à la suite.
Qu’en ai-je retenu ? En vrac, comme ça : je ne suis pas (encore) végétarienne, mais plus question de manger de la viande industrielle, un délire pour les animaux qui n’est en rien justifié car nous n’avons pas besoin d’être aussi carnivore. La viande à bas prix peut être aisément remplacée par de la viande plus chère mais bien traitée et consommée en plus petite quantité. Quoi d’autre ? Ah oui, j’avais un rêve : savoir monter et démonter un moteur de voiture… drôle de rêve pour une citadine de mon espèce qui n’a jamais possédé rien d’autre qu’un vélo et une carte orange. J’ai compris pourquoi ce rêve : pour échapper à la dépendance que m’infligent les constructeurs en tout genre. Je m’explique : il y a plein de trucs que je ne sais pas faire, je suis dépendante des producteurs de tout et rien pour ma survie. Pas question donc de me rebeller, de sortir du système puisque je ne saurais pas (encore) assurer ma propre survie. D’où l’idée que si un jour je sais monter un moteur de voiture, faire un peu de plomberie et une once de jardinage, avec de la bonne volonté et en me retroussant les manches je pourrai bâtir une maison en bois avec des toilettes sèches, de l’eau du puit… ou lala, je divague… mais qui sait, rendez-vous dans quelques années ;-)
Enfin, si demain vous avez quelques heures de libres, ça vaut le détour !




Et puis pour changer des sorties sérieuses, passez voir Alex Lutz au point virgule, un jeune qui promet, une galerie de portraits très justes, on plonge littéralement dans le spectacle, une délicieuse soirée !

vendredi 2 mars 2007

DéDé voyage en utopie


Que faire… ? Carrière, cultiver un lopin de terre, partir sur les routes du monde, créer un lieu de vie agréable où tout le monde puisse échanger, se retrouver...
Chaque jour je vais au travail avec la masse des parisiens qui se pressent dans les couloirs du RER A. Ce matin c’était impressionnant, je suis arrivée en même temps que "le pic" de neuf heures, je ne sais pas si il existe un pendant pédestre à bison futé mais il aurait, à coup sur, affiché du rouge voire du noir ce matin et c’est tous les jours pareil. Je serais preneuse de l’Itinéraire Bis. En même temps, j’ai un salaire à la fin du mois, "la sécurité", des collègues sympas, je vais au cinéma de temps en temps, j’aime me promener dans les musées, je profite de tout ça, j’ai accès à l’Internet… mais voilà, plus j’avance dans les livres d’Eric Julien, d’Edgar Morin et d’Axel Khan et plus je me pose des questions. Je les rassure tous les trois, ils ne sont en rien responsables de ce post. Cependant, il y a parfois des catalyseurs : des instants, des lectures ou des rencontres qui ouvrent sur d’autres horizons.
Une étincelle qui fait qu’on passe de l’envie à l’action. Celle qui m’a fait prendre un jour mon sac à dos pour découvrir un petit bout du monde. Elle me titille aujourd’hui, elle tente des incursions dans ma vie et je l’étouffe à coups de "ce n’est pas si simple" ou de "je ne vois pas comment faire"… en attendant je m’évade dans mes lectures pour m’extraire un peu de la foule des matins parisiens.
Et demain? Je me sens comme un maillon pris dans la chaine, complètement dépendant des autres maillons pour survivre. Je ne sais pas faire pousser à manger ni trouver de l’eau je ne suis pas non plus très douée pour le bricolage… alors où et comment trouver sur un coin de terre un lieu paisible pour s’épanouir. S’épanouir est-ce l’apanage de ceux qui ont réussi ? Y a-t-il de l’épanouissement pour tout le monde ? Mon pire défaut c’est d’être utopique, ma principale qualité d’être optimiste alors… permettez-moi de rêver que le gâteau ne se partage pas mais qu’il se multiplie à l’infini, comme l’Amour.

mercredi 28 février 2007

Le monde selon...


Bienvenue à Arthur qui vient de nous rejoindre après avoir passé neuf mois au chaud dans le ventre de sa maman.
Comme ses parents sont globe-trotters, ce petit bonhomme va peut être choisir un autre pays que la France pour vivre. Quel outil pourra l’aider à faire ce choix ?
Il y a les classiques : PIB (Produit Intérieur Brut) et PNB (Produit National Brut) mais il y a aussi l’IDH (Indicateur du Développement Humain), le GPI (Indice de Progrès Authentique - Genuine Progress Indicatorv), le coefficient de Gini, les PIB et PNB-PPA (qui tiennent compte de la Parité du Pouvoir d’Achat), l’ISDH, (Indicateur Sexospécifique du Développement Humain), l’IPF (Indicateur de Participation des Femmes), l’IPH (Indice de Pauvreté Humaine), l’ISEW (Indice du Développement Economique Soutenable - Index of Sustainable Economic Welfare), l’IPC (Indice de Pénurie de Capacité), aaaaaaaaaaaahhhhhhh !
Ce n’est pas très simple tout cela !
Certains économistes ont une vision très claire. Je vous livre une anecdote : il y a quelques semaines j’assistais à un séminaire d’entreprise; lors d’un débat entre deux éminents économistes, cette phrase est sortie sans faire l’objet d’une quelconque discorde : "nous n’avons jamais été aussi heureux sur terre, j’en veux pour preuve que la croissance n’a jamais été aussi forte".
Bien assise dans mon fauteuil, au sous-sol d’un grand hôtel, j’ai été prise d’un spasme. Vu d’ici, on peut se dire que la croissance mesure le bonheur sans se poser de question car la croissance de l'entreprise est effectivement corrélée au bonheur de mes chaussures qui marchent
sur une belle moquette et de mon derrière assis sur un siège confortable. Mais n’est-ce pas supra-réducteur ?
Je comprends bien que pour les besoins de la mondialisation (la gestion mondiale des économies) il faille des indices. Alors faisons un mix de tous ceux cités précédemment avec une préférence (toute subjective) pour l’ISEW d’Herman Daly pas très médiatisé… et pour cause, il aurait plutôt tendance à décroitre et la décroissance n’est pas très populaire.
J’ai envie d’illustrer mon propos : quand vous êtes coincé dans un embouteillage le PIB augmente. Je m’explique : vous polluez plus mais vous consommez aussi plus d’essence, donc vous augmentez le PIB, si vous êtes dans un taxi c’est encore mieux car vous paierez plus cher le taxi qui aura pollué plus. Ainsi, chaque incident, accident, ou catastrophe est source d’augmentation du PIB combien même cet évènement serait à l’origine de diminution du capital humain ou du capital environnemental. Alors coincée dans l’embouteillage, je fais augmenter le bonheur de la France… pas complètement faux, j'en conviens mais discutable tout de même.
Le BNB fait rêver : Bonheur National Brut… peut-on mesurer le bonheur ? Le bonheur des uns est-il le bonheur des autres. Tous ces indices imposent le point de vue des pays riches à l’ensemble de la communauté mondiale. Un dernier exemple : je lis le livre d’Eric Julien : Kogis (un peuple racine d’Amérique du Sud) si nous suivons nos indicateurs, ils sont pauvres, même extrêmement pauvres puisqu’ils refusent toute notion d’argent source, selon eux, de conflits. Ils vivent comme ils l’entendent et protègent la nature qui leur permet de vivre, ce cercle vertueux, cet équilibre si pérenne dans le temps long ne se mesure pas par un quelconque indice. Pire, la vie paisible de ce peuple est mise en péril par l’évangélisation du monde "modernocentré" qui prétend faire le bonheur de tous en imposant un moule unique de développement.
Alors revenons à toi petit Arthur qui vient d’ouvrir les yeux sur ce monde, je te souhaite d’avoir le choix de décider de ce qui te rendra heureux, mais vraiment le plus heureux, car le progrès ne peut justifier des concessions sur le bonheur. Je te souhaite d'avoir chaque matin, à la façon que tu auras décidée, plaisir à ouvrir tes yeux pour une nouvelle journée sur l'orange bleue.

dimanche 18 février 2007

La forêt sous les fenêtres


Depuis que je suis arrivée dans mon nouveau bureau, je ne peux pas ouvrir ma fenêtre car c’est le balai permanent des tracteurs, camions et autres marteau-piqueurs pour faire surgir de terre de nouveaux bâtiments tous neufs. Mais cet après-midi un étrange balai a retenu toute mon attention : des camions sont venus avec des tractopelles mais cette fois la cargaison était vivante… enfin je l’espère. Nous ne sommes pas à la Sainte Catherine mais pourtant, à ma grande surprise, ils ont planté une dizaine d’arbres.
Quand j’étais petite je mettais une graine dans la terre et en attendant patiemment que ça pousse, je faisais la course avec elle… vous savez les encoches au couteau sur l’encadrement de la porte pour voir de "combien j’ai grandis Maman ???" et je comparais avec la jeune pousse. Mais aujourd’hui, plus le temps de regarder les plantes grimper, il faut que tout soit comme sur les maquettes à la livraison. Alors on déracine des arbres parfois centenaires qu’on transporte en camion jusqu'à leur nouvelle adresse.
Enfin les arbres en face de ma fenêtre ne sont pas dans ce cas, ils ont juste grandi en pépinière avant de venir se repaitre du CO2 si généreusement dégagé par les automobiles avec qui ils partagent désormais l’espace entre les deux immeubles.
Du coup par solidarité j’ai fait des boutures pour mon bureau, et puis du CO2 il y a en a pour tout le monde ;-).

vendredi 9 février 2007

Philo des cours du soir


J’étudie les méandres du commerce en espérant décrocher un diplôme de plus. J’ai beau y aller chaque jour avec un petit espoir d’entendre parler de pérennité de l’entreprise dans le temps long, de responsabilité sociétale, de bien-être des salariés ou encore de démarche environnementale…Il n’y en a que pour la croissance, la valorisation de l’entreprise, la rémunération des actionnaires et que sais-je encore. Comme si un modèle unique avait fini par s’imposer.


Quand il s’est agit de savoir si oui ou non les acheteurs de Vuitton iraient faire leurs courses sur Internet… moi et mes projets d’AMAP, de SCOP et autres acronymes pleins d’espoir, sommes restés perplexes devant cette question cruciale qui divisait l’assemblée.


Le cursus serait compatible avec une approche plus durable si la direction était sensible à cette alternative. Je vais donc suggérer un nouveau module axé sur les responsabilités de l’entreprise… il parait que c’est à la mode. Au moins c’est un argument politiquement correct dans une école du développement qui a oublié "durable" en chemin !